Une bulle de dialogue debout, sa pointe éclairée en cyan.

Alternative à Slack open source : quelle messagerie d'équipe choisir

Trois messageries libres reprennent l'organisation de Slack, avec canaux publics et privés, messages directs et fils, sur un serveur à soi. Leur édition gratuite ne s'arrête pas au même endroit. Mattermost et Rocket.Chat ont chacun leur serveur, des applications mobiles et de bureau, et deux éditions gratuites : l'une garde le SSO mais vise une cinquantaine d'utilisateurs, l'autre, sous MIT, en accepte davantage avec moins de fonctions. La haute disponibilité chez Mattermost et la fédération Matrix chez Rocket.Chat restent payantes. OpenHive n'a ni édition payante ni application native : c'est une application Next.js branchée sur un projet Supabase, en version 0.1.0 et sans release.

Deux éditions gratuites chez Mattermost comme chez Rocket.Chat

Mattermost et Rocket.Chat se présentent comme des outils pour la défense et les infrastructures critiques, mais leurs éditions gratuites visent de petites équipes.

Mattermost distribue deux binaires. Celui de l'édition Team, sous MIT, vise moins de 250 utilisateurs activés et n'a pas de SSO ; la documentation le déconseille pour les usages gouvernementaux ou sensibles. Le binaire Enterprise a un mode gratuit, l'édition Entry, qui reprend les fonctions de l'offre Enterprise Advanced, dont le SSO SAML, Entra ID et OpenID. Entry est conseillée sous 50 utilisateurs, sans haute disponibilité ni fonctions de conformité, et n'affiche que 10 000 messages d'historique sur tout le serveur : les plus anciens restent en base, mais ne s'affichent plus et échappent à la recherche. La documentation annonce d'autres plafonds pour une version future : appels de 40 minutes, 5 playbooks lancés par mois, 250 requêtes aux agents IA et 10 000 notifications push par mois.

Rocket.Chat fait démarrer en édition Starter tout espace déployé depuis sa version 6.5. Starter est gratuite et limitée à 50 utilisateurs, mais garde l'authentification LDAP et Active Directory, le SSO, la double authentification, le chiffrement de bout en bout et des notifications push sans plafond. Au-delà de 50 utilisateurs, l'espace refuse les nouveaux comptes sans couper les anciens. L'autre voie gratuite est l'édition Community, sous MIT : 100 utilisateurs simultanés, 10 000 notifications push par mois, visio par Jitsi ou BigBlueButton seulement, et une page des offres qui la juge inadaptée à une organisation dont les opérations critiques dépendent de Rocket.Chat.

OpenHive n'a qu'une édition, sans offre hébergée : le README renvoie seulement vers une démo publique.

Ce que réservent les offres payantes

Les offres payantes de Mattermost lèvent les plafonds d'Entry et ajoutent le support commercial ; Professional est prévue pour 250 utilisateurs au plus. La haute disponibilité en cluster, la recherche sur Elasticsearch ou OpenSearch, l'export de conformité et les politiques de rétention des messages demandent l'offre Enterprise. Aucun tarif n'est affiché : la page des prix renvoie vers l'équipe commerciale.

Rocket.Chat réserve à ses offres payantes la fédération, l'installation isolée d'Internet et, depuis la 8.9.0, les nouvelles catégories personnalisées de la barre latérale. Ces offres, Commercial, Government et Defense, sont sur devis, et l'offre Pro n'est plus vendue depuis le 29 avril 2026.

La frontière a bougé chez les deux éditeurs. Mattermost a abaissé avec sa v11, en octobre 2025, le plafond de Team de 1 000 à 250 utilisateurs, et en a retiré le SSO GitLab. Rocket.Chat prévient que la connexion par un fournisseur OAuth personnalisé, qui fonctionne aujourd'hui sans licence, en demandera une à partir de la 9.0.0.

Le dépôt de chacun trace cette frontière. Rocket.Chat publie sous MIT tout son code hors des dossiers ee/ et apps/meteor/ee/, régis par la licence Rocket.Chat Enterprise Edition : modifiables, mais utilisables en production seulement avec un abonnement couvrant le bon nombre de sièges. Mattermost superpose plus de couches. Son code source est sous AGPL-3.0 ou licence commerciale, le binaire Team qu'il compile sous MIT, l'interface webapp/ sous Apache-2.0, et le dossier server/enterprise sous une licence source-available qui exige un abonnement Enterprise en production. Un fork de Mattermost compilé par un tiers reste donc sous AGPL. OpenHive n'a pas de dossier à part : tout son dépôt est sous MIT.

Ce que chaque outil demande pour tourner

Relevé dans les dépôts et les documentations le 7 octobre 2026.

OutilLicenceÀ faire tournerÉditions gratuitesAppelsDernière version
MattermostAGPL-3.0 ; binaire Team sous MIT, server/enterprise source-availableun binaire Go, PostgreSQL 14 ou plus ; 1 vCPU et 2 Go jusqu'à 1 000 utilisateursTeam, moins de 250 utilisateurs, sans SSO ; Entry, moins de 50 conseillésaudio à deux et partage d'écran ; groupe en Professional, Enterprise ou Cloud11.11.1, 24 sept. 2026 ; v12 attendue le 14 oct.
Rocket.ChatMIT, hors dossiers ee/Docker, Podman ou Kubernetes ; MongoDB 8.0 en trois réplicas ; 2 vCPU et 4 Go pour le serveur, autant pour MongoDBStarter, 50 utilisateurs au plus ; Community, 100 simultanésvisio par Jitsi, BigBlueButton, Pexip, Google Meet ou Zoom8.9.0, 5 oct. 2026, maintenue jusqu'au 31 oct. 2027
OpenHiveMITune application Next.js (Node.js 18 ou plus) et un projet Supabase ; mémoire non documentéeune seule édition, sans offre payanteaudio, vidéo et partage d'écran par LiveKit, en optionaucune release ; 0.1.0 dans package.json

Mattermost tient dans un seul binaire Linux, sur processeur x86 64 bits. Sa documentation compte 1 vCPU et 2 Go de RAM jusqu'à 1 000 utilisateurs, 2 vCPU et 4 Go jusqu'à 2 000. Sa recherche intégrée passe par PostgreSQL et vise moins de 2 à 3 millions de messages et de fichiers ; au-delà, la documentation recommande Elasticsearch ou OpenSearch, donc l'offre Enterprise. MySQL est déprécié depuis la v11, et la v12 exigera PostgreSQL 15.

Rocket.Chat repose sur MongoDB 8.0. Le plus petit profil de sa page des prérequis compte 2 vCPU et 4 Go de RAM pour Rocket.Chat, autant pour MongoDB, avec trois réplicas MongoDB. Une installation manuelle de la 8.9.0 demande Node.js 24.15.0.

OpenHive n'a pas de serveur à lui : un projet Supabase porte la base PostgreSQL, les comptes, le temps réel et le stockage des fichiers. Son assistant d'installation n'accepte qu'un projet Supabase Cloud, avec une URL en xxxxx.supabase.co et un jeton d'accès sbp_, et le README ne documente pas d'installation sur un Supabase auto-hébergé. L'application Next.js s'héberge où l'on veut, mais le dépôt ne fournit ni Dockerfile ni fichier Compose. Les e-mails d'invitation partent par défaut par le service de Supabase, limité selon le README à 3 ou 4 envois par heure sur l'offre gratuite.

Appels, applications mobiles et fédération

Mattermost propose dans les messages directs l'appel audio à deux avec partage d'écran, que sa documentation ouvre à tous ses clients. Pour un appel de groupe jusqu'à 50 participants, la documentation des appels demande Professional, Enterprise ou le Cloud ; elle ne dit pas ce qu'en a l'édition Entry, qui reprend pourtant les fonctions d'Enterprise Advanced et dont les appels seront limités à 40 minutes dans une version future. La vidéo, expérimentale, n'existe que dans les appels en message direct, sur le web et l'application de bureau, et l'enregistrement comme la transcription relèvent de l'offre Enterprise. Rocket.Chat confie la visio à des services tiers : Jitsi, BigBlueButton, Pexip, Google Meet ou Zoom en Starter, Jitsi et BigBlueButton seulement en Community. OpenHive passe par LiveKit, en option : audio, vidéo et partage d'écran dans un canal ou un message direct, vers LiveKit Cloud ou un LiveKit installé chez soi, avec des identifiants saisis par espace de travail.

Les applications de Mattermost et de Rocket.Chat couvrent Android, iOS, Windows, macOS et Linux, et leurs notifications push passent par un service de l'éditeur. Mattermost ouvre son service hébergé (HPNS) aux clients Professional, Enterprise et Cloud, annonce pour Entry un plafond futur de 10 000 notifications par mois, et déconseille en production son service de test (TPNS), qui n'offre pas d'engagement de niveau de service. Chez Rocket.Chat, la passerelle exige d'enregistrer l'espace et d'accepter les conditions de son service cloud ; Starter n'y met pas de plafond, Community s'arrête à 10 000 notifications par mois. OpenHive est une application web responsive, sans application native, et l'installation en PWA figure parmi les idées non cochées de son README.

La fédération sépare aussi les deux éditeurs. Rocket.Chat relie des instances indépendantes par le protocole Matrix, à condition d'avoir la licence d'une offre payante avec l'option Federation ; si elle expire, les salons fédérés passent en lecture seule. Mattermost ne relie que des instances Mattermost : ses espaces connectés synchronisent les messages, les réactions et les fichiers d'un canal, et sa documentation les réserve aux éditions Entry et Enterprise. L'édition gratuite Entry y a donc droit, mais ni Team ni l'offre payante Professional. Le README d'OpenHive ne décrit aucune fédération, même si son schéma contient des tables shared_channel_links et remote_profiles qu'il ne documente pas.

Reprendre l'historique de Slack

Rocket.Chat embarque dans son code sous MIT un importeur qui lit l'archive d'export de Slack (utilisateurs, canaux, messages), et un second pour les fichiers CSV.

Mattermost passe par deux outils : mmetl convertit l'export Slack dans son format d'import en masse, puis mmctl le charge. L'export lui-même se fait du côté de Slack. La documentation propose cette migration sur Entry, Professional, Enterprise et Enterprise Advanced, pas sur Team. Elle reprend les utilisateurs, les canaux publics et privés, les messages directs, les groupes jusqu'à 8 membres, convertis au-delà en canaux privés, l'historique avec ses fils, les réactions et les fichiers joints. Les canaux Slack Connect, les images des emojis personnalisés, les groupes d'utilisateurs, les photos de profil, les intégrations et les workflows ne suivent pas. Sur Entry, un historique importé de plus de 10 000 messages reste en base, mais seuls les plus récents s'affichent.

Le README d'OpenHive ne mentionne aucun import.

Où en sont les projets

Mattermost publie une version le 16 de chaque mois, et une version à support étendu (ESR) tous les neuf mois, corrigée pendant douze mois ; l'ESR en cours, la 11.7, est maintenue jusqu'au 15 mai 2027. Sa v12, en release candidate depuis le 18 septembre et attendue le 14 octobre 2026, ne prendra plus en charge RHEL 7 et 8.

Rocket.Chat sort une version mineure par mois environ, de la 8.3.0 du 7 avril 2026 à la 8.9.0 du 5 octobre. Cette dernière est une version à support long, maintenue jusqu'au 31 octobre 2027, contre six mois pour une version standard.

OpenHive n'a ni release ni étiquette. Tout son code est arrivé en un seul commit daté du 11 mars 2026, suivi de trois commits d'un contributeur extérieur, fusionnés le 21 août. Son package.json ne déclare aucun script de test, et le dépôt n'a pas d'intégration continue. Le code s'écarte du README sur deux points : la recherche annoncée « plein texte » filtre les messages par ILIKE et rend les dix plus récents, sans index, et les messages programmés partent du navigateur de leur auteur, si bien qu'onglet fermé, ils attendent la prochaine ouverture de l'espace de travail.