Un calendrier de bureau à spirale aux pages vierges, une seule case encadrée de cyan.

Prise de rendez-vous open source : quelle alternative à Calendly choisir

Pour laisser ses clients ou ses collègues réserver un créneau sans Calendly, trois outils libres se présentent, et chacun répond à une demande différente. Cal.com affiche, comme Calendly, une page où l'invité prend un créneau libre. Son code est pourtant fermé depuis avril 2026 : la part restée libre, Cal.diy, a perdu les équipes et les workflows, et son propre README ne le recommande que pour un usage personnel, hors production. Easy!Appointments tient l'agenda d'une équipe qui vend des services et se contente de PHP et de MySQL, mais n'envoie aucun rappel avant le rendez-vous et ne gère aucun paiement. Rallly ne réserve pas de créneau : il fait voter un groupe sur des dates, et son auto-hébergement n'est gratuit que pour un seul compte.

Page de réservation, agenda de services ou sondage de dates

La page de réservation est le modèle de Calendly, et celui de Cal.com, qui s'est longtemps présenté comme « le successeur open source de Calendly ». Chaque utilisateur crée ses types d'événements et relie ses agendas, puis l'invité choisit un créneau libre sur une page publique ou dans un widget intégré au site, en ligne, en pop-up ou en bouton flottant. Cal.diy garde les événements récurrents, à plusieurs places ou payants, les liens privés, les temps tampons, le délai minimal et les plafonds de réservation.

L'agenda de services part de l'équipe, pas de la personne. Dans Easy!Appointments, l'administrateur déclare des services, avec une durée, un prix et une catégorie, puis des prestataires, chacun avec ses horaires, ses pauses et ses jours d'exception. Le client choisit un service, un prestataire ou « n'importe lequel », puis un créneau, et des comptes secrétaires gèrent l'agenda des prestataires qui leur sont confiés. La page d'accueil du projet cite la santé, l'éducation, les salons ou le recrutement. Easy!Appointments est le seul des trois à répartir des réservations entre plusieurs personnes dans sa version libre : Cal.diy a perdu les équipes, le round-robin et les événements collectifs, que Cal.com vend dans son offre hébergée.

Le sondage de dates inverse les rôles : l'organisateur propose quelques jours ou quelques créneaux, et les participants cochent ceux qui leur conviennent, sans créer de compte. Rallly se présente comme une alternative à Doodle et à When2meet plutôt qu'à Calendly. Chaque participant voit les créneaux dans son propre fuseau horaire, et une seule grille rassemble les réponses de tout le monde.

Cal.com fermé, Cal.diy sous MIT : ce qui a changé en avril 2026

Cal.com a annoncé le passage en code fermé le 14 avril 2026, au motif que l'IA permet désormais de passer un code public au crible pour y chercher des failles. Le lendemain, le dépôt public est devenu calcom/cal.diy, et une seule fusion y a supprimé 411 881 lignes dans 4 080 fichiers. Jusque-là, un cœur sous AGPLv3 côtoyait deux dossiers ee sous licence commerciale. Cal.diy est entièrement sous MIT, ne demande aucune clé de licence et n'existe qu'en auto-hébergement. Les clients qui hébergent l'édition entreprise sont invités dans un dépôt GitHub privé.

Le tableau comparatif de Cal.diy liste ce qui est parti : équipes, événements round-robin et collectifs, types d'événements gérés, organisations, workflows, formulaires de routage, SAML et SCIM, tableau de bord Insights, API v1, panneau d'administration, enregistrement des visios Cal Video. Restent le moteur de réservation, les connexions d'agendas et de visioconférence, les webhooks, l'API REST v2 et les connecteurs Zapier, n8n, Make et Pipedream.

Le README de Cal.diy s'ouvre sur un avertissement : « à utiliser à vos risques », « strictement recommandé pour un usage personnel, hors production ». L'auto-hébergement y demande des « connaissances avancées » en administration de serveur, en bases de données et en protection de données sensibles, et tout usage commercial est renvoyé vers Cal.com, hébergé ou installé sur site après un passage par le service commercial. Pour qui cherche une alternative open source à Calendly, Cal.diy reste le plus proche des trois, mais son éditeur le déconseille lui-même en production.

Ce que chaque outil demande pour tourner

Relevé dans les dépôts et les documentations le 7 octobre 2026.

OutilLicenceÀ faire tournerBesoin couvertAgendas et visioDernière version
Cal.diy, édition libre de Cal.comMITNode.js 18 et PostgreSQL 13 au minimum, Redis pour l'API v2 ; image à compiler soi-mêmepage de réservation individuelleGoogle, Outlook, Apple, Exchange, Zoho, CalDAV, ICS ; Jitsi, Zoom, Meet, Teams, Webex, Cal Videov6.2.0, 1er mars 2026, avant la scission
Easy!AppointmentsGPL-3.0Apache 2.4, PHP 8.2 et MySQL 5.7 au minimum ; un hébergement mutualisé selon le guideagenda de services et de prestatairesGoogle dans les deux sens, CalDAV ; Jitsi, Google Meet1.6.0, 27 mai 2026 ; 1.6.1 en bêta
RalllyAGPL-3.0 ou ultérieurepile Docker : PostgreSQL, stockage S3 (Garage), Traefik ; 2 Go de RAM et un serveur SMTPsondage de dates, vote sans compteinvitation .ics ; Google Meet, Teams et Webex avec l'offre Prov4.15.4, 6 oct. 2026

Easy!Appointments s'installe sans conteneur : on téléverse les fichiers, on remplit config.php, et un assistant web termine l'installation. Deux tâches cron sont conseillées, l'une pour synchroniser les agendas, l'autre pour le nettoyage lié à la conservation des données. Le docker-compose.yml du dépôt est réservé au développement ; l'image de production, alextselegidis/easyappointments, vient d'un dépôt à part et attend MySQL dans un second conteneur.

Cal.diy n'a pas d'image publiée. Sa documentation renvoie à calcom/cal.diy sur Docker Hub, un dépôt d'images ouvert le 14 avril 2026 et toujours vide le 7 octobre. Il faut donc compiler la sienne, avec une base de données joignable pendant la compilation et DOCKER_BUILDKIT=0, et le Dockerfile laisse le tas de Node monter à 6 144 Mo. Le fichier Compose ajoute Redis, requis par le service de l'API v2, et la télémétrie anonyme reste active tant que CALCOM_TELEMETRY_DISABLED ne vaut pas 1. La documentation promet une configuration matérielle « assez minimale », sans la chiffrer.

Rallly s'installe par un script qui monte une pile Docker Compose : PostgreSQL, Garage pour le stockage S3, Traefik pour le HTTPS et l'application Next.js, chaque brique pouvant céder la place à un service externe. Il faut au moins 2 Go de RAM, les ports 80 et 443, un nom de domaine et un serveur SMTP, sans lequel ni les liens de connexion ni les notifications ne partent. La sauvegarde intégrée ne copie que la base, pas le volume garage-data où sont rangés les fichiers envoyés.

Agendas, visioconférence, rappels et paiement

Cal.diy se connecte au plus grand nombre d'agendas : Google, Outlook et Office 365, Apple, Exchange, Zoho, flux ICS et CalDAV, ce qui permet aussi de le relier à un serveur d'agenda auto-hébergé. Pour la visio, il crée des liens Jitsi, Zoom, Google Meet, Microsoft Teams ou Webex, ou passe par Cal Video, qui s'appuie sur le service Daily.co.

Easy!Appointments relie chaque prestataire à son Google Calendar, synchronisé dans les deux sens, ou, depuis la 1.5.0, à un serveur CalDAV. Depuis la 1.6.0, un lien Jitsi accompagne les rendez-vous pris en ligne, et les prestataires synchronisés avec Google peuvent y ajouter un lien Google Meet.

Rallly fait intervenir l'agenda à la fin : l'option retenue part aux participants par e-mail, avec une invitation .ics. Un compte Google Meet connecté ajoute le lien de réunion sur toutes les offres, en auto-hébergé comme sur rallly.co. Microsoft Teams, limité aux comptes professionnels ou scolaires, et Webex demandent l'abonnement Pro.

Rappels et paiement séparent les deux outils de réservation. Easy!Appointments n'envoie d'e-mail qu'à la création, à la modification ou à l'annulation d'un rendez-vous : le rappel automatique est demandé depuis septembre 2021 (ticket #1132, toujours ouvert). Un service y porte un prix, mais le code ne contient aucun module de paiement. Cal.diy encaisse les événements payants par Stripe ou PayPal, mais a perdu les workflows, le module qui porte les rappels dans Cal.com.

Où en sont les projets

Rallly est le plus actif : trente et une versions publiées en 2026, jusqu'à la v4.15.4 du 6 octobre. Cette dernière corrige une faille critique de Next.js, une exécution de code sur le serveur notée 9,5 sur l'échelle CVSS, exploitable sans connexion et présente depuis la v4.8.0. Luke Vella signe 3 453 des 3 558 commits de la branche principale.

Easy!Appointments repose aussi sur un développeur : Alex Tselegidis signe 3 577 commits d'un dépôt ouvert en 2014, le contributeur suivant 41. Ses versions stables sont espacées, avec vingt-huit mois entre la 1.4.3 de mars 2022 et la 1.5.0 de juillet 2024, puis la 1.6.0 le 27 mai 2026. Sept avis de sécurité ont été publiés en 2026 ; le plus grave, classé « high », permettait de prendre la main sur des rendez-vous, et la 1.6.0 le corrige. Les notes des préversions 1.6.1 listent d'autres correctifs de sécurité, dont un CAPTCHA contournable, qu'aucune version stable ne contenait le 7 octobre 2026.

Cal.diy n'a publié aucune version depuis la scission : la dernière, la v6.2.0 du 1er mars 2026, date encore de Cal.com. Le code avance pourtant, avec 99 commits du 16 avril au 7 octobre 2026, dont 63 étiquetés fix et 2 feat. D'après Cal.com, le dépôt est tenu par d'anciens stagiaires de l'entreprise devenus mainteneurs officiels.

Licences et offres payantes

Cal.diy est sous MIT : modifier le code, l'intégrer à un produit ou l'exploiter en service n'oblige à rien publier. Easy!Appointments est sous GPL-3.0, usage commercial compris, et ne demande de publier ses modifications qu'en cas de redistribution. Rallly est sous AGPL-3.0 ou version ultérieure, qui étend cette obligation à qui fait tourner une version modifiée en service accessible par le réseau.

L'offre hébergée de Cal.com, sur code fermé, est gratuite pour un utilisateur. Les équipes, le round-robin, les événements collectifs et les formulaires de routage commencent à 12 dollars par utilisateur et par mois (offre Teams), SAML et SCIM à 28 dollars (offre Organizations), et l'édition entreprise installée sur site passe par le service commercial.

Easy!Appointments n'a pas d'offre hébergée en libre-service. Son auteur vend des licences de marque blanche, dont une « Extended » pour les éditeurs SaaS et les revendeurs, de l'hébergement géré, du support et du développement sur mesure, sans prix affiché. La page de réservation affiche « Powered By Easy!Appointments », écrit en dur dans son gabarit.

Depuis sa v4.0.0 du 28 mai 2025, Rallly demande une licence pour toute instance auto-hébergée à plus d'un utilisateur : Plus à 49 dollars jusqu'à 5 utilisateurs, Organization à 299 dollars jusqu'à 50, un prix temporaire au lieu de 499, Enterprise à partir de 999 dollars. Ces licences sont perpétuelles pour toute la série 4.x, et seuls les comptes inscrits comptent, pas les participants qui votent sans compte. Le contrôle repose sur l'honneur : au-delà de la limite, l'instance tourne toujours et affiche un bandeau. Sur rallly.co, l'offre gratuite supprime un sondage dont toutes les dates sont passées et qui n'a connu aucune activité depuis plus de 30 jours. L'offre Pro, à 6 dollars par siège et par mois en facturation annuelle, ajoute entre autres les espaces d'équipe, l'API et les webhooks, et la documentation précise que l'API n'est servie que par la version hébergée.