Six logiciels libres surveillent la disponibilité de services depuis son propre serveur et publient leur état sur une page de statut, mais ils ne règlent pas les mêmes questions. Uptime Kuma se configure entièrement dans son interface web et tient dans un seul processus. Gatus se déclare en YAML, sans écran d'administration. Checkmate ajoute un agent pour mesurer les serveurs eux-mêmes, et OneUptime y joint astreintes, logs et APM, avec 16 Go de RAM recommandés. Cachet ne fait que la page de statut : sa version publiée ne sonde rien. CheckCle n'a publié aucune version depuis septembre 2025 et déconseille lui-même la production avant sa 2.0.
Sonder de l'extérieur ou mesurer les serveurs de l'intérieur
Tous sauf Cachet sondent les services de l'extérieur, à intervalle régulier : requêtes HTTP, TCP, ping ou DNS, avec le suivi de l'expiration des certificats. Uptime Kuma y ajoute des sondes de bases de données, de files de messages (MQTT, Kafka, RabbitMQ), SNMP, Docker, et une sonde Push pour les tâches qui se signalent elles-mêmes. Gatus couvre aussi UDP, SSH et STARTTLS, et reçoit les états poussés par des services externes.
Mesurer le processeur, la mémoire ou le disque d'une machine demande un agent installé dessus. Checkmate fournit le sien, Capture : il expose une API sur le port 59232 que Checkmate interroge, avec un secret partagé et en HTTP simple, le HTTPS passant par un Caddy à ajouter. CheckCle a aussi un agent serveur, pour Linux et en bêta pour Windows, et OneUptime des moniteurs Server/Host, Kubernetes ou Proxmox. Uptime Kuma et Gatus n'installent rien sur les machines surveillées. Uptime Kuma peut suivre des conteneurs par le socket Docker, mais ce socket donne le contrôle complet du démon, et son wiki déconseille alors d'exposer l'instance sur Internet.
Ce que chaque outil demande pour tourner
Relevé dans les dépôts et les documentations le 6 octobre 2026.
| Outil | Licence | À faire tourner | Sondes | Page de statut | Dernière version |
|---|---|---|---|---|---|
| Uptime Kuma | MIT | Node.js ou Docker ; SQLite ou MariaDB, sur disque local | réseau, web, bases de données, Docker, push | plusieurs par instance, sans abonnés | 2.5.5, 16 sept. 2026 |
| Gatus | Apache-2.0 | un conteneur ; résultats en mémoire, SQLite ou PostgreSQL en option | réseau, web, SSH, TLS, push | le tableau de bord, protégeable par OIDC | 5.37.0, 24 sept. 2026 |
| Checkmate | AGPL-3.0 | Node.js et MongoDB ; agent Capture sur chaque serveur suivi | réseau, web, Docker, matériel par l'agent | publique, thèmes et CSS | 3.12.0, 13 sept. 2026 |
| CheckCle | MIT | un conteneur (PocketBase et SQLite) ; agent serveur | HTTP, ping, TCP, DNS, métriques par l'agent | publique, historique sur 90 jours | 1.6.0, 13 sept. 2025 |
| Cachet | BSD-3-Clause en 2.4.1, licence maison en v3 | PHP, une base SQL, une tâche cron | aucune dans la version publiée | incidents, maintenances, abonnés par e-mail | 2.4.1, 7 nov. 2023 ; v3 non publiée |
| OneUptime | Apache-2.0, hors dossier ee/ | PostgreSQL, ClickHouse, Valkey et quatre services ; 16 Go de RAM recommandés | 35 types, dont navigateur, Kubernetes, SNMP | publique ou privée, domaine propre, abonnés | 14.0.14, 4 oct. 2026 |
Uptime Kuma recommande SQLite pour les petits déploiements et MariaDB au-delà, sans prendre en charge PostgreSQL. Ses mainteneurs le disent sans détour : ce n'est pas un système distribué, et la haute disponibilité n'est pas prévue. Gatus garde par défaut ses résultats en mémoire : un redémarrage les efface, et sans stockage sur fichier, recharger la configuration revient à redémarrer. CheckCle tient dans un seul conteneur, et sa sauvegarde se résume au dossier pb_data. OneUptime est à l'autre bout : sa documentation recommande 16 Go de RAM, 8 cœurs et 400 Go de disque, et déconseille Docker Compose en production au profit de Kubernetes.
Côté versions, Checkmate a publié dix versions mineures en 2026, et OneUptime quatre versions majeures entre juin et septembre ; sa documentation interdit d'en sauter une et conseille de mettre à jour au moins chaque semaine. CheckCle n'a rien publié depuis sa 1.6.0, et un correctif de sécurité, qui ferme des collections PocketBase lisibles sans authentification, n'existe que sur sa branche de développement. Cachet en est à la 2.4.1 de novembre 2023, qui exige PHP 7 et Laravel 5.7 ; sa version 3, annoncée en août 2023, n'a toujours aucune version publiée, et sa documentation la réserve au développement.
La page de statut, avec la supervision ou à part
Les mainteneurs d'Uptime Kuma conseillent de ne pas héberger la page de statut avec ce qu'elle surveille, et la documentation de Cachet demande pour elle un serveur, un fournisseur ou une région distincts, avec sa propre base.
Cachet est taillé pour ce rôle : composants à six statuts, chronologie des incidents, maintenances planifiées, abonnés par e-mail et webhooks signés. Sa version publiée ne sonde pourtant rien : les statuts arrivent par le tableau de bord, par l'API ou, en v3, par un import depuis Oh Dear. Les autres outils alimentent leur page avec leurs propres sondes. La page d'OneUptime offre le plus d'options : publique, privée ou protégée par mot de passe, sur un domaine propre, avec des abonnés par e-mail, SMS, Slack ou webhook. Uptime Kuma publie plusieurs pages par instance, avec incidents, maintenances et flux RSS, mais sans abonnement par e-mail, une demande ouverte depuis 2021. Chez Gatus, la page de statut est le tableau de bord lui-même, protégeable par Basic Auth ou OIDC, et des badges SVG d'uptime s'affichent ailleurs.
Licences et offres payantes
Uptime Kuma et CheckCle sont sous MIT, Gatus sous Apache-2.0, Checkmate sous AGPL-3.0, et la FAQ de ce dernier précise qu'il n'existe pas de support payant. Trois projets ont une frontière à connaître. Gatus.io vend une version hébergée de 10 à 500 dollars par mois, et sa FAQ promet que le projet restera open source. Depuis la version 14.0.0, le dossier ee/ d'OneUptime relève d'une licence propriétaire, payante par utilisateur en production, pour SCIM, les journaux d'audit ou la rétention par type de télémétrie ; le SSO SAML et OIDC reste dans l'édition Community. Le dépôt de Cachet est passé pour sa v3 à une licence maison qui interdit de le distribuer comme produit autonome, alors que son site le dit « 100 % open source ».