Forgejo hébergé gratuitement par une association berlinoise
Codeberg est une forge Git gratuite, tenue par Codeberg e.V., une association à but non lucratif enregistrée à Berlin. Un compte suffit pour héberger dépôts, tickets et wiki, publier un site statique, lancer une CI ou faire traduire un logiciel sur l'instance Weblate. La page d'accueil affichait 725 557 projets et 437 632 utilisateurs le 7 octobre 2026.
Le logiciel est Forgejo. Gitea est à l'origine un fork de Gogs, et Forgejo un fork de Gitea, lancé après le transfert des domaines et de la marque de Gitea à une société commerciale en octobre 2022. Codeberg e.V. a la garde des domaines de Forgejo, dont la gouvernance reste distincte de la sienne.
Le comparatif des forges Git met Codeberg en balance avec les forges qu'on installe sur son propre serveur.
Rien à administrer, et des membres qui élisent le conseil
- Rien à administrer : l'association fait tourner Forgejo sur son propre matériel, dans des locaux loués à Berlin, et applique elle-même les mises à jour.
- Pas de pistage : ni traceur ni cookie tiers, annonce la page d'accueil.
- Codeberg Pages : un dépôt public nommé
pagesest publié à l'adresse<utilisateur>.codeberg.page, et un domaine personnel peut s'y brancher. - Deux voies pour la CI : Woodpecker CI sur demande, ou Forgejo Actions avec ses propres runners. Codeberg héberge aussi des runners Actions, en alpha ouverte.
- Des membres qui votent : plus de 1 700 membres élisent le présidium et le conseil de l'association. Adhérer n'est pas requis pour utiliser le service.
Licence libre obligatoire, pas de projet écrit surtout par IA
Codeberg est réservé aux projets libres. Tout dépôt public doit porter une licence qui autorise tout usage, y compris commercial, la copie et la modification : licences reconnues par la FSF ou l'OSI, ou Creative Commons hors variantes NC et ND. Pour qui ne contribue à aucun projet libre, Codeberg « n'est malheureusement pas le bon endroit », dit la FAQ.
Le dépôt privé est un dépannage. Il sert aux secrets d'un projet libre, à un correctif de sécurité en préparation ou à de petites notes personnelles. Un contributeur de logiciel libre dispose de 100 Mo au plus de contenu privé ; les conditions d'usage excluent le cloud personnel et le stockage de médias.
Certains projets sont refusés. Les conditions d'usage interdisent les projets écrits pour l'essentiel par des outils d'IA générative, dont Claude et OpenAI Codex, au motif d'un droit d'auteur incertain et de garde-fous insuffisants contre le code malveillant. Elles excluent aussi les projets liés aux cryptomonnaies, jugés nuisibles à la réputation de Codeberg. Les miroirs qui tirent un dépôt d'une autre forge sont désactivés : la FAQ conseille d'y pousser avec git push --mirror. Un fork ou un dépôt de test sans contribution propre, inactif depuis un mois, peut être supprimé après un préavis de 90 jours.
Les quotas ne s'achètent pas. Au-delà de 750 Mio de stockage Git, ou de 1,5 Gio de paquets, fichiers LFS et pièces jointes, il faut en faire la demande. Codeberg vit des dons et des cotisations, et n'accepte « aucun paiement pour une exception à ses règles ».
La CI passe par une demande. Un bénévole examine chaque demande d'accès à Woodpecker et l'accorde si l'usage lui paraît approprié. Woodpecker ne construit que pour linux/amd64, et la documentation prévient que la CI peut « casser à tout moment et pour une durée indéterminée ». Les conditions d'usage ne garantissent pas non plus la disponibilité du service et laissent les sauvegardes à l'utilisateur.
Codeberg déploie son propre Forgejo. La production tourne sur la branche codeberg-16 du dépôt Codeberg-Infrastructure/forgejo : Forgejo v16.0 et des commits propres à Codeberg. Le 7 octobre 2026, elle intégrait les correctifs de sécurité publiés par Forgejo le 17 septembre, jour de la v16.0.5. Forgejo est sous GPL v3 ou ultérieure depuis sa v9.0 ; Gitea et Gogs sont sous MIT.
