Tableaux de bord tirés d'une base, en visuel ou en SQL
Metabase est un outil de business intelligence open source qui se branche sur une base de données pour en tirer des graphiques et des tableaux de bord. Le serveur est écrit en Clojure et tourne sur la JVM, l'interface est en TypeScript. Chaque requête, une « question » dans le vocabulaire de Metabase, se construit dans un éditeur visuel, qui filtre, regroupe et joint des tables sans une ligne de SQL, ou dans un éditeur SQL pour les requêtes plus complexes.
L'éditeur visuel le distingue de Redash, où tout part d'une requête SQL écrite à la main. Apache Superset et Redash sont sous licence permissive, sans édition commerciale dans leur dépôt ; celui de Metabase en contient une.
Le comparatif des outils de BI open source confronte ce partage entre édition libre et éditions payantes aux licences des autres outils.
Composer filtres et jointures à la souris
- Éditeur visuel : filtres, agrégations et jointures se composent à la souris. « View SQL » affiche la requête native envoyée à la base, et un clic sur une valeur du graphique ouvre un menu pour creuser le résultat.
- Alertes et abonnements : une alerte part quand une question renvoie un résultat ou qu'une série temporelle franchit sa ligne d'objectif. Un tableau de bord s'envoie à heure fixe par e-mail, sur Slack ou vers un webhook.
- Sources de données : la documentation liste dix-huit pilotes officiels, dont PostgreSQL, BigQuery, Snowflake, ClickHouse et MongoDB, complétés par des pilotes communautaires.
- Assistant IA : Metabot écrit du SQL, construit un graphique à partir d'une question en langage courant et corrige une requête en erreur. Auto-hébergé, il demande la clé d'API d'un fournisseur (Anthropic, OpenAI, Mistral, entre autres).
- Intégration en mode invité : graphiques et tableaux de bord s'insèrent dans une autre application, et leurs visiteurs n'ont pas besoin de compte Metabase.
AGPL et licence commerciale, SAML et sécurité par ligne payants
Deux licences dans un même dépôt. Le code hors du répertoire enterprise est sous AGPL-3.0, celui du répertoire enterprise sous Metabase Commercial License. Chaque version sort en deux images Docker : metabase/metabase, l'édition libre, numérotée 0.x, et metabase/metabase-enterprise, numérotée 1.x. Cette dernière n'active ses fonctions qu'avec un jeton de licence ; sans jeton valide, elle se comporte comme l'édition libre.
Ce que réservent Pro et Enterprise. La connexion par SAML, JWT ou OIDC, la double authentification, la sécurité par ligne et par colonne, l'export et l'import de contenus d'une instance à l'autre, la synchronisation avec Git et les quotas d'usage de l'IA. L'édition libre accepte un nombre illimité d'utilisateurs, la connexion Google et LDAP, sans le filtre d'appartenance aux groupes LDAP ni la synchronisation des attributs utilisateur. Elle n'enregistre pas qui consulte quoi.
L'intégration complète est payante. En mode invité, l'édition libre affiche un bandeau « Powered by Metabase » et n'embarque ni l'éditeur visuel ni le menu d'exploration. Retirer le bandeau, intégrer l'application entière ou appliquer les droits de l'utilisateur connecté demande Pro ou Enterprise. Pro coûte 575 dollars par mois pour dix utilisateurs, puis 12 dollars par utilisateur ; Enterprise démarre à 20 000 dollars par an (tarifs relevés le 7 octobre 2026). Les deux s'auto-hébergent ou tournent sur Metabase Cloud.
Le SQL réduit l'exploration. Une question de l'éditeur visuel se convertit en SQL sans retour possible, et une question écrite en SQL n'a qu'un menu d'exploration restreint.
Ce qu'il faut faire tourner. Une image Docker, ou un JAR qui exige Java 25. Par défaut, Metabase range ses propres données dans une base H2 locale, que la documentation déconseille en production : elle recommande PostgreSQL et accepte MySQL 8.4 ou MariaDB 10.6. La JVM prend par défaut environ un quart de la RAM de la machine. Le support de l'édition libre se limite au forum, et Metabase Cloud n'accepte que les pilotes officiels : un pilote communautaire impose l'auto-hébergement.
Six versions majeures de janvier à juillet 2026. La 58.1 est sortie le 6 janvier, la 63.1 le 21 juillet, et la 64.0 est en bêta depuis le 24 septembre. Les correctifs couvrent plusieurs branches à la fois : le 1er septembre, six versions sont sorties, de la 58 à la 63. La dernière stable, 0.63.19, date du 1er octobre 2026.
