C'est quoi ?
Nextcloud est un serveur de fichiers auto-hébergé écrit en PHP. Les fichiers restent sur le serveur, se synchronisent sur les ordinateurs et les téléphones par les clients officiels, et se partagent par lien ou entre comptes. Le dépôt nextcloud/server porte le socle et l'application Fichiers ; agenda, contacts, messagerie ou visioconférence s'ajoutent comme applications, depuis un magasin qui en compte plusieurs centaines. Le code est sous AGPL-3.0-or-later, et contribuer ne demande de signer aucun accord de licence (CLA).
Le comparatif des clouds personnels auto-hébergés situe Nextcloud face aux autres outils : ce qu'il faut faire tourner, et ce que chaque chiffrement laisse lisible.
Pourquoi c'est intéressant ?
- Des clients partout : synchronisation de bureau sous Windows, macOS et Linux, applications iOS et Android
- Contacts et agendas synchronisés : les applications Calendar et Contacts les tiennent à jour d'un appareil à l'autre, comme les fichiers
- Stockages existants rattachés : l'application External Storage Support monte dans l'arborescence des partages SMB/CIFS, SFTP, WebDAV ou FTP et des buckets Amazon S3 ou OpenStack
- Partage entre instances : l'application Federation relie les partages de serveurs Nextcloud distincts ; un compte d'une autre instance se désigne par un identifiant du type
utilisateur@serveur - Historique des versions : élagage dégressif (une version par jour le premier mois, une par semaine ensuite), plafonné à la moitié de l'espace libre de l'utilisateur
- Sécurité outillée : double authentification et programme de bug bounty sur HackerOne
À savoir
Une plateforme plutôt qu'un outil de synchronisation. Le README met contacts et agendas au même rang que les fichiers et confie le reste aux applications. Seafile s'organise autour de bibliothèques synchronisées séparément, chacune chiffrable par mot de passe ; Hoodik chiffre tout dans le navigateur, et son serveur ne voit jamais un fichier en clair. Chez Nextcloud, le chiffrement est une option, en deux variantes qui ne se cumulent pas.
Le chiffrement côté serveur ne protège pas de l'administrateur. La documentation le dit sans détour : il protège les fichiers au repos, stockages externes compris, mais pas d'un serveur compromis ni d'un administrateur malveillant. Noms de fichiers et arborescence restent en clair, et dans le mode par défaut, à clé maîtresse, l'administrateur peut déchiffrer les fichiers. Le surcoût de taille est d'environ 1 %.
Le chiffrement de bout en bout a des limites dures. L'application End-to-End Encryption exige de désactiver d'abord le chiffrement côté serveur. Le chiffrement s'active ensuite dossier par dossier depuis les clients officiels, et le client de bureau refuse la racine d'une synchronisation comme un dossier déjà rempli. L'interface web ne fait que lire et télécharger ces fichiers, les agendas restent hors de son champ, et une phrase mnémonique perdue rend les données illisibles, sans recours auprès de l'administrateur.
Ce qu'il faut faire tourner. Nextcloud 35 demande PHP 8.3, 8.4 ou 8.5, Apache ou nginx avec php-fpm, et MariaDB, MySQL ou PostgreSQL ; SQLite n'est conseillé que pour les tests et les très petites instances, Oracle exige un abonnement Enterprise. La documentation fixe 128 Mo de RAM par processus PHP au minimum et en recommande 512. Le cache mémoire est facultatif, mais pour une organisation sur un seul serveur elle conseille APCu en local et Redis pour le cache distribué et le verrouillage des fichiers. Nextcloud All-in-One, la méthode d'installation officielle, livre l'ensemble en conteneurs Docker avec PostgreSQL et Redis, gratuitement jusqu'à 100 comptes ; au-delà, elle renvoie vers Nextcloud Enterprise.
Une version majeure tous les quatre mois, un an de correctifs. Le wiki du dépôt fixe cette règle : chaque version majeure reçoit des mises à jour mensuelles pendant un an, puis plus aucun correctif, sécurité comprise. Nextcloud 35 (Hub 26 Summer) est sortie en septembre 2026 et arrive en fin de vie en septembre 2027 ; la 35.0.1 date du 24 septembre.
Nextcloud Enterprise allonge la maintenance. Les abonnements démarrent à 100 utilisateurs. La formule Standard garde le cycle d'un an, Premium et Ultimate le portent à cinq ans et plus. La page Enterprise y ajoute les correctifs de sécurité en avance, le support par les ingénieurs de l'éditeur, la personnalisation de la marque jusque dans les clients de bureau et les intégrations Microsoft (Outlook, Exchange, Teams, SharePoint).
