Bureau à distance en Rust, relais auto-hébergeable
RustDesk est un logiciel de bureau à distance open source écrit en Rust, que son dépôt présente comme une alternative à TeamViewer pensée pour l'auto-hébergement. Le client, pour Windows, macOS, Linux, Android et iOS, s'installe sur le poste qui prend la main comme sur la machine contrôlée.
Deux programmes serveur mettent les postes en relation. hbbs tient l'annuaire des ID et tente une connexion directe par perçage de NAT ; hbbr relaie le flux quand elle échoue, ce qui reste l'exception selon la documentation. Sans réglage, le client passe par les serveurs publics de RustDesk. Pour les héberger chez soi, il existe un serveur libre et un serveur Pro, payant.
MeshCentral pose plutôt un agent permanent sur chaque machine, piloté depuis une console web. Apache Guacamole n'installe rien sur la machine cible : il ouvre depuis le navigateur une session RDP, VNC ou SSH. Le comparatif des outils de bureau à distance auto-hébergés met ces approches côte à côte.
Raspberry Pi en guise de serveur, chiffrement lié à sa clé
- Un serveur libre qui tient sur une petite machine : selon la documentation, le plus petit serveur cloud suffit, et un Raspberry Pi fait l'affaire. Une connexion relayée consomme entre 30 Ko/s et 3 Mo/s selon la résolution, autour de 100 Ko/s en bureautique.
- Docker Compose fourni : un fichier
oss.ymlprêt à lancer. La documentation couvre aussi les paquets Debian, Windows et les NAS Synology. - Chiffrement lié à son serveur : chaque client reçoit la clé publique que
hbbsgénère au premier lancement (id_ed25519.pub). - Fichiers et tunnels TCP : le même client transfère des fichiers et redirige un port TCP vers la machine distante.
- Déploiement scripté :
rustdesk.exe --config <chaîne>applique la configuration du serveur sans intervention.
Console web et comptes réservés au serveur Pro payant
Le serveur libre se limite à la mise en relation. RustDesk Server OSS, sous AGPL-3.0 comme le client, se résume à hbbs et hbbr. La documentation range la console web, les comptes, le carnet d'adresses, les journaux de connexion, la gestion des appareils et la 2FA dans le serveur Pro. Chaque client se configure donc à la main, par une chaîne de configuration copiée d'un autre poste, ou par script. Il faut ouvrir au moins les ports TCP 21115 à 21117 et UDP 21116. La documentation destine ce serveur aux particuliers et aux équipes prêts à gérer eux-mêmes déploiement, réseau et mises à jour.
Le serveur Pro est payant à l'année, et son code n'est pas publié. La formule Individual, à 11,88 $ par mois facturés à l'année, couvre un utilisateur et 20 appareils, avec console web, 2FA, carnet d'adresses, journal d'audit et contrôle d'accès. OIDC, LDAP et le générateur de clients à son nom commencent à la formule Basic : 23,88 $ par mois, 10 utilisateurs, 100 appareils. Héberger soi-même le client web passe aussi par le Pro. La licence se lie à une seule machine hbbs et se vérifie par Internet. Le dépôt rustdesk-server-pro annonce « quelques scripts » et ne contient pas le code du serveur. La FAQ explique pourquoi le Pro n'est « pas gratuit et open source ». RustDesk ne vend pas d'hébergement : toutes ses formules s'installent chez soi.
Le serveur libre évolue moins vite que le Pro. En 2026, rustdesk-server a publié deux versions, la 1.1.15 en janvier et la 1.1.16 le 20 juillet. Le serveur Pro en a publié quatorze, jusqu'à la 1.8.7 du 1er octobre. Le client en est à la 1.5.0, sortie le 30 septembre 2026.
Pas de Google Play sur Android. La FAQ du projet indique que RustDesk s'en est retiré à cause des arnaques. Le client Android se télécharge en APK depuis les releases GitHub, ou sur F-Droid.
