Analytics produit sous AGPL, avec un script de 11 Ko
Rybbit est un outil open source de mesure d'audience et d'analytics produit, publié sous licence AGPL-3.0. L'éditeur le présente comme un remplaçant de Google Analytics : pas de cookie, donc pas de bandeau de consentement selon lui, une conformité RGPD revendiquée et un script de suivi de 11 Ko. Aux métriques de fréquentation habituelles (sessions, visiteurs uniques, pages vues, rebond, durée) s'ajoutent des replays de session, des entonnoirs, la rétention et les parcours utilisateur. Rybbit tourne sur le cloud de l'éditeur, hébergé dans l'UE, ou sur son propre serveur avec Docker Compose.
Le comparatif des outils d'analytics web auto-hébergés situe Rybbit parmi les outils du comparatif qui reposent sur ClickHouse.
Replays inclus sur son serveur, erreurs à côté du trafic
- Replays de session inclus en auto-hébergement : les enregistrements montrent souris, clics, défilement et navigation. Les informations sensibles sont masquées d'office, et une option étend le masquage aux champs de formulaire et au texte. Le replay s'active site par site dans les réglages, sans toucher au script. Sur le cloud, il faut au moins la formule Pro.
- Analytics produit et erreurs au même endroit : objectifs, entonnoirs, rétention, parcours, profils utilisateur, événements personnalisés avec propriétés JSON, et les erreurs remontées à côté du trafic.
- Filtres sur plus de 15 dimensions, et une géolocalisation sur trois niveaux (pays, région, ville) avec cartes.
- Plusieurs sites par instance : organisations, sites en nombre illimité et tableaux de bord publics.
Tunnel d'inscription, sites clients, tableau de bord public
- Repérer l'étape où un tunnel d'inscription décroche, puis regarder les sessions qui s'y arrêtent
- Suivre plusieurs sites ou plusieurs clients depuis une seule instance
- Publier les statistiques d'un projet open source sur un tableau de bord public
Domaine HTTPS, pile ClickHouse et inscriptions ouvertes par défaut
Un domaine en HTTPS est obligatoire. La documentation d'auto-hébergement demande un domaine ou un sous-domaine pointé vers le serveur, parce que les navigateurs bloquent un script de suivi servi en HTTP. Le script setup.sh lance par défaut un conteneur Caddy qui obtient le certificat ; l'option --no-webserver le retire quand un reverse proxy est déjà en place.
ClickHouse fixe le plancher matériel. La pile Docker Compose fait tourner ClickHouse pour les événements, PostgreSQL pour les comptes et la configuration, Redis pour les sessions et les files de tâches, plus un backend Node.js et une interface Next.js. La documentation recommande au moins 2 Go de RAM et, sur ARM, un processeur ARMv8.2-A au minimum, exigé par ClickHouse. Le fichier Compose plafonne ClickHouse à 80 % de la RAM pour laisser de la place aux autres services. À titre de comparaison, PostHog, qui propose aussi le replay de session et repose lui aussi sur ClickHouse, demande l'équivalent de 4 vCPU et 16 Go de RAM en auto-hébergement.
Les replays sont stockés dans ClickHouse. Sur une instance auto-hébergée, les enregistrements de session vont dans la même base que les événements. Leur rétention par défaut est de 30 jours, et la documentation prévient qu'ils peuvent occuper beaucoup de place ; pour la raccourcir, elle fournit des requêtes ALTER TABLE ... MODIFY TTL à lancer dans clickhouse-client. Swetrix, lui aussi bâti sur ClickHouse, n'a encore publié aucune version qui enregistre les replays en auto-hébergement : sa documentation leur prévoit un bucket compatible S3 à fournir, mais le code est postérieur à sa v5.4.1.
Deux réglages par défaut à revoir. Le script d'installation écrit DISABLE_SIGNUP=false : la page d'inscription reste ouverte après la création du compte administrateur, tant que la variable ne passe pas à true. Les instances auto-hébergées envoient aussi des statistiques anonymes au cloud de l'éditeur (nombre de lignes de quelques tables, taille de la base, version, identifiant d'instance haché) ; DISABLE_TELEMETRY=true coupe cet envoi.
Un projet jeune, publié à un rythme soutenu. Le dépôt a été créé en janvier 2025. La v1.0.0 est sortie le 30 mai 2025, la v2.0.0 le 17 octobre 2025 et la dernière version, v2.9.0, le 12 septembre 2026 : sept versions mineures depuis janvier 2026. La documentation compte 30 à 120 minutes d'installation, puis des mises à jour régulières par git pull et ./update.sh.
